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Crédit photo : Marie-Lan Nguyen
L'École Militaire Interarmes (EMIA) représente depuis 1947 une voie d'excellence pour les sous-officiers et militaires du rang souhaitant accéder au grade d'officier. Parmi les prestigieuses écoles militaires françaises, l'EMIA occupe une place unique en tant qu'établissement dédié au recrutement interne. Implantée sur le prestigieux site de Coëtquidan-Guer dans le Morbihan, cette école forme chaque année des officiers destinés à encadrer les unités opérationnelles de l'Armée de Terre. Héritière d'une longue tradition militaire remontant aux écoles d'armes du XIXe siècle, l'EMIA incarne l'esprit de mérite et de promotion interne qui caractérise l'institution militaire française.
L'histoire de l'École Militaire Interarmes débute pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1942, face à l'occupation de la métropole, une école de remplacement est créée à Cherchell en Algérie : l'École des élèves-aspirants. Cette école devient en décembre 1944 l'École Militaire Interarmes, marquant le début d'une aventure éducative unique.
En 1945, à la Libération, l'école est transférée à Coëtquidan, les bâtiments de l'ancienne école de Saint-Cyr à Saint-Cyr-l'École ayant été détruits lors des bombardements. Le site de Coëtquidan, déjà implanté dans le Morbihan, offre un terrain d'entraînement exceptionnel pour la formation militaire.
En 1947, l'école prend le nom d'École Spéciale Militaire Interarmes (ESMIA). Selon la vision du général de Lattre de Tassigny, son fondateur, elle forme simultanément des officiers issus du concours externe et des officiers issus du recrutement interne. Ce système d'amalgame vise à créer une formation unifiée, où tous les futurs officiers, quelle que soit leur origine, partagent la même instruction.
Ce modèle perdure jusqu'en 1961, date à laquelle le général de Gaulle décide de séparer les deux filières de formation. La décision, influencée par le contexte de la guerre d'Algérie, vise à distinguer la formation des officiers "directs" confiée à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM), et celle des officiers "semi-directs" attribuée à l'EMIA qui retrouve alors son appellation d'origine.

Crédit photo : Fantassin 72
L'accès à l'EMIA est réservé aux personnels non-officiers de l'Armée de Terre qui répondent à des critères stricts. Le recrutement s'effectue selon deux modalités principales, toutes deux garantissant la sélection des meilleurs éléments.
| Type de Recrutement | Diplôme Requis | Nature des Épreuves | Corps Concerné |
|---|---|---|---|
| Concours sur Épreuves (COA) | Baccalauréat | Épreuves écrites et orales de niveau baccalauréat | Corps des Officiers des Armes |
| Admission sur Titre (CTA) | Licence (ou 120 crédits ECTS) | Présélection sur dossier puis épreuves orales | Corps Technique et Administratif |
Les épreuves d'admissibilité se déroulent généralement en janvier-février au Fort Neuf de Vincennes, tandis que les épreuves d'admission ont lieu en mai aux Écoles de Coëtquidan. Ces dernières comprennent des épreuves physiques rigoureuses, des tests de langues (notamment en anglais), et des entretiens approfondis évaluant les connaissances militaires, la culture générale, la motivation et l'aptitude à l'emploi d'officier.
La scolarité à l'EMIA dure deux ans et délivre un diplôme de niveau Licence. Cette formation pluridisciplinaire conjugue harmonieusement formation humaine, militaire et académique, préparant les futurs officiers à leurs responsabilités d'encadrement.
La formation est structurée en semestres, chacun ayant une dominante spécifique :
À l'issue de la première année, les élèves sont nommés au grade de sous-lieutenant, puis de lieutenant à la fin de la seconde année. La cérémonie de remise des sabres, moment fort de la formation, marque cette transition symbolique vers le corps des officiers.
Après leur scolarité à l'EMIA, les lieutenants nouvellement promus choisissent une fonction opérationnelle selon leur classement de sortie. Ils complètent ensuite leur formation pendant une année supplémentaire dans l'école d'application correspondant à leur spécialité :
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Crédit photo : Marie-Lan Nguyen
Les élèves de l'EMIA sont surnommés les "Dolos", un sobriquet qui fait aujourd'hui la fierté de l'école. Ce surnom trouve son origine dans les anciennes rations de combat de l'Armée française, qui contenaient une boîte de corned-beef de la marque "Dolo" ornée d'un bœuf rouge et jaune.
Dans les années 1970, les Saint-Cyriens donnent ce surnom aux élèves de l'EMIA, soulignant leur goût prononcé pour les exercices physiques et les sorties sur le terrain. Le bœuf symbolise dans le jargon militaire un soldat rustique, dur à la tâche, robuste et endurant. Initialement perçu comme péjoratif, ce surnom a été progressivement revendiqué par les élèves de l'EMIA qui y ont vu une marque de force tranquille et de rusticité, qualités essentielles du soldat.
La devise de l'EMIA, "Le travail pour loi, l'honneur comme guide", héritée de l'École militaire d'infanterie de Saint-Maixent, résume parfaitement l'esprit des Dolos : rigueur, compétence, courage et discipline.
Les élèves de l'EMIA portent des tenues spécifiques qui marquent leur identité au sein de l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. La Tenue de Parade (TP), créée en 1978, se distingue par :
Lors des activités de tradition, les Dolos portent le calot bleu ciel, héritage direct de l'École de Cherchell et symbole vivant de la continuité historique de l'institution.

Depuis 2021, l'EMIA fait partie intégrante de l'Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (AMSCC), aux côtés de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM) et de l'École Militaire des Aspirants de Coëtquidan (EMAC). Cette structure permet une formation intégrée des futurs officiers de l'Armée de Terre, tout en respectant les spécificités de chaque filière de recrutement.
Le site de Coëtquidan, situé dans le Morbihan sur la commune de Guer, offre un environnement exceptionnel pour la formation militaire. S'étendant sur plusieurs milliers d'hectares, il comprend :
La formation à l'EMIA implique des besoins spécifiques en équipement militaire professionnel. Les élèves-officiers doivent disposer de tenues adaptées pour chaque phase de leur formation, allant de la tenue de sport aux uniformes de cérémonie.
Ces vêtements professionnels militaires doivent répondre à des normes strictes de qualité, de résistance et de conformité réglementaire. Les élèves-officiers participent régulièrement à des exercices d'aguerrissement en conditions réelles, notamment au Centre d'Entraînement en Forêt Équatoriale (CEFE) en Guyane, nécessitant des équipements adaptés aux environnements extrêmes.
Au-delà de la formation académique et militaire, l'EMIA cultive des traditions vivantes qui renforcent l'esprit de corps et la cohésion entre promotions.
Les Dolos perpétuent plusieurs chants de tradition qui accompagnent leur vie militaire :
Une phrase populaire résume l'attachement des anciens élèves à leur école : "Dolo un jour, Dolo toujours !"
Les officiers issus de l'EMIA sont destinés à encadrer les unités opérationnelles de l'Armée de Terre. Leur expérience préalable en tant que sous-officiers ou militaires du rang leur confère une connaissance terrain et une légitimité naturelle auprès des soldats qu'ils commandent.
Après leur formation initiale et leur passage en école d'application, les jeunes officiers prennent des responsabilités croissantes :
Depuis sa création, l'EMIA a formé près de 35 000 officiers, contribuant massivement à l'encadrement de l'Armée de Terre française. L'association L'Épaulette, créée en 1964, regroupe aujourd'hui environ 5 500 officiers issus de l'EMIA, témoignant de la force du réseau et de l'esprit de solidarité qui unit les anciens élèves.
La réussite au concours d'entrée à l'EMIA nécessite une préparation rigoureuse. Les candidats doivent maîtriser plusieurs domaines de compétences et se préparer à des épreuves exigeantes tant sur le plan intellectuel que physique.
Trois filières principales sont proposées pour le concours sur épreuves :
Les épreuves orales d'admission évaluent les connaissances militaires, la culture générale, la maîtrise de l'anglais, ainsi que les qualités personnelles et la motivation du candidat. Le jury s'appuie notamment sur le curriculum vitae et la lettre de motivation pour approfondir l'entretien.
Les futurs candidats peuvent accéder à des préparations spécialisées, des annales de concours et bénéficier du retour d'expérience des promotions précédentes via les sites internet des promotions et l'association L'Épaulette.
Que vous soyez sous-officier expérimenté ou militaire du rang ambitieux, l'EMIA représente une opportunité unique d'accéder au corps des officiers par le mérite. Cette école d'excellence perpétue depuis plus de 75 ans la tradition française de promotion interne, offrant aux meilleurs éléments issus du terrain la possibilité de devenir des chefs militaires accomplis. Pour les candidats en préparation, n'oubliez pas l'importance de disposer d'équipements militaires professionnels de qualité dès votre incorporation, gage de votre sérieux et de votre engagement dans cette aventure humaine et professionnelle hors du commun.
L'EMIA forme des officiers issus du recrutement interne (sous-officiers et militaires du rang), tandis que Saint-Cyr (ESM) forme des officiers issus du recrutement externe (concours direct après classes préparatoires ou université). Les deux écoles sont implantées sur le même site de Coëtquidan et font partie de l'Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, mais elles ont chacune leur propre drapeau, leurs traditions spécifiques et leur identité distincte. La formation à l'EMIA dure 2 ans contre 3 ans pour Saint-Cyr.
Le surnom "Dolo" provient de la marque de corned-beef qui se trouvait dans les anciennes rations de combat de l'armée française, ornée d'un bœuf sur l'étiquette. Ce surnom a été donné par les Saint-Cyriens pour souligner le goût prononcé des élèves de l'EMIA pour les exercices physiques et les sorties terrain. Initialement perçu comme moqueur, ce sobriquet a été revendiqué à partir des années 1970 car le bœuf symbolise la force tranquille, la rusticité et l'endurance, qualités fondamentales du soldat. Aujourd'hui, être un Dolo est une fierté : "Dolo un jour, Dolo toujours !"
Pour intégrer l'EMIA, vous devez être sous-officier ou militaire du rang et remplir quatre conditions principales : avoir 35 ans maximum au 1er janvier de l'année du concours, justifier d'au moins 3 ans de service militaire actif, être titulaire du baccalauréat (concours sur épreuves) ou d'une licence (admission sur titre), et être déclaré physiquement apte. Vous devez également détenir une habilitation d'accès aux informations classifiées "secret". Le concours comprend des épreuves écrites (janvier-février) et des épreuves orales d'admission (mai) à Coëtquidan.
La scolarité à l'EMIA dure 2 ans pour le Corps des Officiers des Armes (COA) et délivre un diplôme de niveau Licence. La première année se concentre sur la formation militaire fondamentale et les élèves sont nommés sous-lieutenants à son issue. La deuxième année approfondit les enseignements académiques et prépare aux responsabilités opérationnelles, avec nomination au grade de lieutenant en fin de cursus. Après ces 2 ans, les lieutenants suivent une année supplémentaire dans une école d'application (Draguignan, Saumur, Angers, etc.) pour se spécialiser dans leur arme.
La devise de l'EMIA est "Le travail pour loi, l'honneur comme guide", héritée de l'École militaire d'infanterie de Saint-Maixent. Cette devise incarne les valeurs fondamentales des Dolos : le travail symbolise la rigueur, la compétence et la force de caractère nécessaires au métier d'officier, tandis que l'honneur représente le courage, la discipline, le respect et l'esprit de camaraderie. Elle résume parfaitement l'esprit de l'école qui valorise le mérite, l'effort et l'excellence opérationnelle au service de l'Armée de Terre et de la Nation.
Les élèves de l'EMIA portent plusieurs tenues distinctives. La plus emblématique est la Tenue de Parade (TP), créée en 1978, qui se caractérise par une veste à col officier bleu ciel ornée d'une grenade dorée, un pantalon à bande latérale bleu ciel, et le port du sabre modèle 1974 F1. Ils portent également le képi bleu ciel, couleur distinctive des écoles interarmes, et lors des activités de tradition, le calot bleu ciel hérité de l'École de Cherchell. Au quotidien, ils utilisent les tenues réglementaires de l'Armée de Terre : tenue de combat (treillis), tenue de sport, et tenue de service courant.
L'EMIA est implantée à Coëtquidan, sur la commune de Guer dans le Morbihan (56), en Bretagne. Elle fait partie de l'Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan qui regroupe les trois écoles de formation des officiers de l'Armée de Terre. Le site s'étend sur plusieurs milliers d'hectares et offre un environnement exceptionnel pour la formation militaire. L'accès se fait uniquement dans le cadre de l'incorporation après réussite au concours. Pour les candidats, les épreuves d'admission se déroulent également sur place au mois de mai.
Depuis sa création, l'EMIA a formé près de 35 000 officiers, contribuant massivement à l'encadrement de l'Armée de Terre française. Ces officiers issus du rang occupent aujourd'hui des postes à tous les niveaux de responsabilité, des chefs de section aux officiers généraux. L'association L'Épaulette, créée en 1964, regroupe actuellement environ 5 500 officiers issus de l'EMIA et perpétue l'esprit de solidarité et d'entraide entre les anciens élèves. Cette longue tradition d'excellence démontre l'importance du recrutement interne dans le système militaire français.