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Dans le riche patrimoine des chants et marches militaires français, Sarie Marès occupe une place particulière. Ce chant traditionnel aux origines sud-africaines est devenu en 1970 la marche officielle de l'École Militaire Inter-Armes (EMIA), incarnant depuis plus de 50 ans l'esprit de cette institution prestigieuse de Coëtquidan. Entre héritage historique et tradition militaire française, découvrez l'histoire fascinante de ce chant qui résonne aujourd'hui dans toutes les cérémonies des élèves officiers surnommés les "dolos".
L'histoire de Sarie Marès commence bien loin des casernes françaises. À l'origine, il s'agit d'un chant américain intitulé "Ellie Rhee", composé en 1865 par le poète Septimus Winner durant la dernière année de la Guerre de Sécession. Cette mélodie nostalgique évoquait le Tennessee et l'amour perdu d'un soldat. Des ouvriers américains l'auraient transportée jusqu'en Afrique du Sud, où elle connut une seconde vie remarquable.
En 1889, le poète sud-africain Jacobus Petrus Toerien, considéré comme l'un des premiers à écrire en afrikaans, adapta cette mélodie américaine pour créer un hymne à son épouse Sari Maré, née en 1869. Le titre actuel "Sarie Marais" résulte d'une faute de frappe découverte trop tardivement pour être corrigée. Popularisé durant la Seconde Guerre des Boers (1899-1902), ce chant devint le symbole de la nostalgie des combattants afrikaners pour leur "cher vieux Transvaal" et évoqua également l'horreur des camps de concentration britanniques.
Le chant connut un succès international au début du XXe siècle, repris et traduit en plusieurs langues. Il devint particulièrement populaire dans le mouvement scout, étant la chanson préférée de Baden-Powell, fondateur du scoutisme qui avait combattu en Afrique du Sud et s'était illustré lors de la défense de Mafeking.
Le chant Sarie Marès chanté à l'EMIA comporte trois couplets et un refrain répété. Voici les paroles complètes de cette marche emblématique :
Ô Sarie Marès, belle amie d'autrefois,
En moi tu demeures vive,
L'amour est plus fort que la vie et que le vent :
Qui peut arrêter son élan ?
Je veux revoir mon vieux Transvaal,
Ma ferme au toit de chaumes,
Où le parfum du miel et les conifères embaument,
L'air pur est clair comme un cristal. (bis)
Ô Sarie Marès est bien loin de mon cœur
Mais je crois en son amour
Car c'est entre ses bras, que j'ai connu le bonheur,
Et je veux la revoir un jour.
Refrain
Lorsque j'étais petit je croyais qu'un démon,
Viendrait me ravir ma maison,
Mais lorsque je fus grand, ce fut une horrible guerre,
Qui m'emmena loin de mes terres.
Refrain
Les paroles de Sarie Marès évoquent des thèmes universels qui résonnent particulièrement auprès des militaires :
En 1970, l'EMIA adopte officiellement Sarie Marès (orthographe francisée) comme marche de l'école. Cette décision s'inscrit dans une tradition militaire française d'intégration de chants internationaux au patrimoine régimentaire. Avant l'EMIA, le chant avait déjà été adopté par les Royal Marines Commandos britanniques en 1953, et la Légion étrangère française le chantait sous le nom de "Massari Marie".
Ce choix reflète plusieurs valeurs chères à l'EMIA : la nostalgie du foyer, le sacrifice militaire, la loyauté et l'endurance face aux épreuves. Les paroles évoquent un combattant éloigné de sa terre natale et de l'être aimé, thème universel qui résonne particulièrement auprès des militaires.
Sarie Marès fait partie intégrante de la vie des promotions de l'EMIA. Chanté lors des défilés, des cérémonies officielles et des moments de rassemblement, il crée un lien indéfectible entre les générations successives d'élèves officiers. Le chant accompagne les dolos tout au long de leur formation de deux ans, rythmant les moments forts comme la remise des sabres ou le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées.
Aux côtés de "La Prière", autre chant emblématique de l'EMIA créé en 1961 par l'élève-officier Bernachot, Sarie Marès constitue l'un des deux chants de tradition officiels de l'école. Certaines promotions incluent également "Le Dolo Cornu" dans leur répertoire, renforçant l'identité unique des dolos.
Le chant militaire joue un rôle essentiel dans la transmission des valeurs et le maintien de la cohésion des unités. Dans le cadre de la formation à l'EMIA, Sarie Marès remplit plusieurs fonctions pédagogiques et psychologiques :
Au-delà de Sarie Marès, chaque promotion de l'EMIA développe son propre répertoire musical. Les promotions enregistrent régulièrement des CD de chants traditionnels depuis les années 1980, perpétuant ainsi un patrimoine oral unique. Ces enregistrements incluent des classiques comme "La Madelon", "Heureux ceux qui sont morts", "Marie-Dominique" ou encore "Le Chant des Marais".
| Force Armée | Nom du Chant | Année d'Adoption | Utilisation |
|---|---|---|---|
| EMIA (France) | Sarie Marès | 1970 | Marche officielle de l'école |
| Légion Étrangère (France) | Massari Marie | Années 1950-1960 | Chant de tradition |
| Royal Marines Commandos (Royaume-Uni) | Sarie Marais | 1953 | Marche régimentaire |
| Peloton Interarme d'Extrême-Orient (France) | Sarie Marès | 1946 | Chant d'unité |
| Mouvement Scout International | Sarie Marais / O Sarie Marais | Début XXe siècle | Chant traditionnel scout |
"La Prière" est le second chant de tradition majeur de l'EMIA. Créé en 1961 par l'élève-officier Bernachot, ce chant reprend les paroles d'une prière retrouvée sur le corps d'André Zirnheld, un membre du SAS mort en Libye le 27 avril 1942. Les paroles sont chantées sur l'air de la Marche de la Garde consulaire à Marengo. Ce chant spirituel et solennel est devenu le chant de promotion de l'EMIA depuis sa création.
Certaines sources mentionnent également "Le Dolo Cornu" comme faisant partie des chants traditionnels de l'EMIA. Ce titre fait directement référence au surnom des élèves et renforce l'identité collective des dolos. La phrase populaire "Dolo un jour, Dolo toujours !" illustre l'attachement durable des anciens élèves à leur école.
Plus d'un demi-siècle après son adoption officielle, Sarie Marès continue de résonner dans les cours de Coëtquidan. Chaque année, les nouvelles promotions découvrent ce chant lors de leur arrivée à l'EMIA et l'intègrent progressivement à leur quotidien d'élève officier. Les anciens, qu'ils soient lieutenants, capitaines ou généraux, se souviennent avec émotion des moments où ils ont entonné Sarie Marès lors de leur formation.
Le chant accompagne les moments les plus marquants de la vie à l'EMIA : les cérémonies de remise de sabres et casoars, les défilés du 14 juillet où les dolos marchent fièrement sur les Champs-Élysées, les soirées de tradition et les rassemblements d'anciens. Il constitue un patrimoine immatériel transmis de génération en génération, créant un lien indélébile entre tous ceux qui ont porté le calot bleu des dolos.
Pour les militaires professionnels comme pour les passionnés d'histoire militaire, Sarie Marès représente bien plus qu'une simple mélodie : c'est le symbole d'une tradition vivante, d'un esprit de sacrifice et d'une cohésion qui traversent les époques. Que vous soyez futur candidat à l'EMIA, ancien dolo ou simplement amateur du riche patrimoine des chants militaires français, Sarie Marès incarne l'excellence et les valeurs de l'École Militaire Inter-Armes.
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Sarie Marès trouve son origine dans un chant américain de la Guerre de Sécession intitulé "Ellie Rhee", composé en 1865. Il a été adapté en afrikaans en 1889 par le poète Jacobus Petrus Toerien en hommage à son épouse Sari Maré. Popularisé durant la Seconde Guerre des Boers (1899-1902), ce chant est devenu un symbole de la nostalgie des combattants afrikaners pour leur Transvaal natal.
L'École Militaire Inter-Armes a officiellement adopté Sarie Marès comme marche de l'école en 1970. Depuis plus de 50 ans, ce chant accompagne toutes les cérémonies et défilés des élèves officiers de l'EMIA, surnommés les "dolos". Il était déjà connu du Peloton Interarme d'Extrême-Orient dès 1946.
Les élèves de l'EMIA sont surnommés "dolos" en référence à la marque de corned-beef des anciennes rations de combat, dont l'opercule représentait un bœuf. En argot militaire, un "bœuf" désigne un soldat rustique, dur à la tâche et endurant. Adopté dans les années 1970, ce surnom est devenu un symbole de fierté incarnant la robustesse et la détermination des élèves officiers de l'EMIA.
Les deux chants de tradition officiels de l'EMIA sont "La Prière" et "Sarie Marès". "La Prière" a été créée en 1961 par l'élève-officier Bernachot à partir d'un texte retrouvé sur le corps d'André Zirnheld, un SAS mort en Libye en 1942. Certaines promotions incluent également "Le Dolo Cornu" dans leur répertoire. Ces chants sont chantés lors des cérémonies, défilés et moments de cohésion.
Sarie Marais est utilisé par plusieurs forces armées internationales. Les Royal Marines Commandos britanniques l'ont adopté comme marche en 1953. La Légion étrangère française le chante sous le nom de "Massari Marie". Le chant était également connu du Peloton Interarme d'Extrême-Orient dès 1946. Au-delà du monde militaire, il reste populaire dans le mouvement scout international, Baden-Powell l'ayant particulièrement apprécié.
L'EMIA est implantée à Guer dans le Morbihan (Bretagne), au sein de l'Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Elle partage le site historique de Coëtquidan avec l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr (ESM) et l'École Militaire des Aspirants de Coëtquidan (EMAC). L'école a été créée en 1944 à Cherchell en Algérie avant de s'installer définitivement à Coëtquidan en 1945.
Les chants militaires jouent un rôle essentiel dans la formation des officiers. Ils renforcent l'esprit de corps et la cohésion en créant un sentiment d'appartenance collectif. Ils servent également à transmettre l'histoire et les valeurs militaires d'une génération à l'autre. Durant les exercices physiques et les marches, ils aident à maintenir le moral et à alléger les fatigues. Enfin, ils permettent l'expression émotionnelle en évoquant des thèmes comme le sacrifice, la nostalgie du foyer et la loyauté.