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Les troupes de marine (TDM) représentent l'une des composantes les plus emblématiques et historiques de l'armée de terre française. Parmi les différentes armes et corps militaires de l'armée de Terre, les TDM se distinguent par une histoire de plus de 400 ans, remontant à la création des compagnies ordinaires de la mer par le cardinal de Richelieu en 1622. Aujourd'hui, ces marsouins et bigors constituent environ 15% des effectifs de l'armée de Terre avec plus de 17 000 militaires déployés sur quatre continents.
L'histoire des troupes de marine débute en 1622 lorsque le cardinal de Richelieu crée les « compagnies ordinaires de la mer » pour servir à bord des navires de la flotte royale. Ces soldats étaient initialement destinés à la défense des navires, aux abordages et aux combats navals. Théoriquement au nombre de cent compagnies, chacune était commandée par un lieutenant de vaisseau.
Cette création marque le début d'une lignée militaire qui traversera quatre siècles d'histoire française, évoluant constamment pour s'adapter aux besoins stratégiques de la nation. Les TDM ont successivement dépendu du ministère de la Marine, puis des Colonies, avant d'être rattachées définitivement au ministère de la Guerre en 1900.
L'histoire des troupes de marine est marquée par plusieurs changements de dénomination qui reflètent l'évolution de leurs missions :
Les 31 août et 1er septembre 1870 restent des dates gravées dans la mémoire des troupes de marine. Lors de la bataille de Bazeilles, dans les Ardennes, la « division bleue » composée de marsouins et bigors résiste héroïquement face aux troupes prussiennes. Combattant jusqu'à la dernière cartouche, ces soldats incarnent les valeurs d'opiniâtreté et de sacrifice qui définissent encore aujourd'hui l'esprit des TDM.
Cette bataille historique est commémorée chaque année à Fréjus, ville de garnison emblématique des troupes de marine, et constitue la fête d'arme des TDM. Le cri de ralliement « Et au nom de Dieu, vive la coloniale ! » trouve son origine dans cette période, les troupes de marine n'ayant pas de saint patron mais s'adressant directement à Dieu.

Crédit photo : Richard Knötel (guerre franco-prussienne 1870-1871)
Le surnom de marsouin désigne les soldats de l'infanterie de marine. Cette appellation pittoresque remonte au milieu du XIXe siècle, lorsqu'en 1856, à la création des fusiliers marins, les soldats des troupes de marine furent exemptés de service à bord des navires. Les marins les comparèrent alors aux marsouins, ces cétacés qui suivent régulièrement les bateaux sans participer à la manœuvre, se contentant d'être passagers.
Par extension, le terme marsouin englobe aujourd'hui tous les fantassins servant au sein des régiments d'infanterie de marine, les parachutistes coloniaux des régiments parachutistes d'infanterie de marine, ainsi que les cavaliers de marine du régiment d'infanterie-chars de marine.
Le terme bigor désigne les artilleurs des troupes de marine. L'origine du mot est attribuée au diminutif de « bigorneau », ce coquillage qui s'accroche fermement aux rochers. Cette comparaison fait référence à l'époque où les artilleurs, débarqués des navires au milieu du XIXe siècle, étaient affectés aux batteries côtières où ils tenaient leurs positions avec ténacité.
Une autre étymologie possible remonte à l'époque de la marine à voile et au commandement « Bigues dehors ! » qui précédait l'ouverture des sabords par lesquels les canons devaient faire feu.

Photo : Calot militaire troupes de marine Armée Française OPEX
L'ancre d'or constitue le symbole unique et fédérateur de toutes les spécialités des troupes de marine. Apparue pour la première fois sur les uniformes en 1772, elle est devenue en 1920 l'insigne commun de toutes les troupes coloniales. Cette ancre se distingue de celle de la Marine nationale par son câble qui forme un « S » inversé.
L'ancre représente l'héritage maritime des TDM et symbolise leur vocation première pour le service outre-mer et les opérations amphibies. Elle est aujourd'hui présente sur tous les attributs vestimentaires des marsouins et bigors : bérets, képis, fourreaux d'épaules, écussons de manche.
Les uniformes des troupes de marine se caractérisent par plusieurs éléments distinctifs :
Contrairement aux autres armes de l'armée de Terre française où chaque spécialité forme une arme distincte, les troupes de marine regroupent plusieurs spécialités sous un même commandement :
Les troupes de marine comptent aujourd'hui 26 régiments stationnés sur quatre continents. En métropole, on trouve notamment :
| Type de régiment | Unité | Garnison | Spécialité |
|---|---|---|---|
| Infanterie | 2e RIMa | Le Mans | Infanterie blindée (VBCI) |
| Infanterie | 3e RIMa | Vannes | Infanterie légère |
| Infanterie | 21e RIMa | Fréjus | Infanterie de montagne |
| Parachutiste | 1er RPIMa | Bayonne | Forces spéciales |
| Parachutiste | 3e RPIMa | Carcassonne | Infanterie parachutiste |
| Parachutiste | 8e RPIMa | Castres | Infanterie parachutiste |
| Blindé | 1er RIMa | Angoulême | Véhicules blindés légers |
| Blindé | RICM | Poitiers | Reconnaissance blindée |
| Artillerie | 1er RAMa | Laon-Couvron | Artillerie sol-sol |
| Artillerie | 3e RAMa | Canjuers | Artillerie sol-sol |
| Artillerie | 11e RAMa | La Lande d'Ouée | Artillerie sol-air |
| Génie | 6e RG | Angers | Génie de combat |
Les troupes de marine assurent une présence permanente dans les territoires d'outre-mer et en Afrique, garantissant la souveraineté française :
Les troupes de marine ont pour mission principale d'assurer le service hors métropole et la capacité de projection rapide de la France. Leur expertise dans les opérations amphibies, leur connaissance des terrains tropicaux et leur aptitude à l'adaptation font d'elles un outil stratégique de premier plan.
Les marsouins et bigors sont les spécialistes des opérations extérieures (OPEX) et représentent une part importante des effectifs déployés par l'armée de Terre dans le monde. Leur présence s'étend de l'Afrique subsaharienne au Moyen-Orient, en passant par les Antilles et le Pacifique.
Les marsouins et bigors se distinguent par des qualités reconnues :
Les troupes de marine cultivent un esprit particulier qui transcende les grades et les spécialités. Cette fraternité d'armes se manifeste par des relations hiérarchiques empreintes d'estime mutuelle, où la générosité et le respect tiennent une place centrale.
L'ancre d'or, symbole fédérateur, rassemble infanterie, artillerie, cavalerie, génie et transmissions dans une identité commune qui relègue au second plan les appartenances d'origine. Les marsouins et bigors partagent une vision commune de la France dans le monde et de leur rôle pour défendre ses intérêts sur tous les continents.
L'Hymne des troupes de marine, composé en 1896 par Paul Cappé, chef de fanfare de l'arme à Rochefort, évoque le passé glorieux des TDM à travers sept couplets et sept refrains. Par tradition, il est exécuté, chanté ou écouté au garde-à-vous.
La Musique des troupes de marine, formation musicale officielle de l'arme, perpétue les traditions lors des cérémonies et défilés. Le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées voit régulièrement les régiments TDM défiler avec fierté, portant haut les couleurs de l'ancre d'or.
Professionnalisées progressivement depuis 1969, les troupes de marine recrutent aujourd'hui des militaires de tous horizons, privilégiant la motivation pour le service outre-mer et les opérations extérieures. Le choix structurant de servir dans les TDM implique une disponibilité pour des déploiements fréquents loin de la métropole.
Les candidats aux troupes de marine doivent démontrer :
Les jeunes recrues des TDM suivent une formation spécifique qui les prépare aux exigences des missions outre-mer. Les régiments disposent de camps d'entraînement en métropole et outre-mer, permettant l'aguerrissement en conditions réelles (jungle guyanaise, savane africaine, milieu désertique).
Le Centre d'Entraînement au Combat (CENTAC) de Mailly accueille régulièrement les unités TDM pour des exercices interarmes de haute intensité, préparant les soldats aux engagements opérationnels complexes.
Les régiments de troupes de marine disposent d'équipements modernes adaptés à leurs missions :
Les marsouins et bigors disposent de tenues adaptées aux différents théâtres d'opérations :
Dans le contexte géopolitique actuel, les troupes de marine conservent toute leur pertinence. La France, puissance mondiale présente sur tous les océans grâce à ses territoires ultramarins, a besoin d'une capacité de projection et d'intervention rapide partout dans le monde.
Les défis futurs pour les TDM incluent :
Avec leurs 400 ans d'histoire, les troupes de marine demeurent un pilier de l'armée de Terre française. Leur présence sur quatre continents, leur expertise unique des opérations expéditionnaires et leur capacité d'adaptation en font un atout stratégique irremplaçable.
Les marsouins et bigors perpétuent aujourd'hui l'héritage de Richelieu, de Bazeilles et des grandes épopées coloniales, tout en s'inscrivant pleinement dans les enjeux du XXIe siècle. Leur devise non officielle « Faire face » résume parfaitement leur état d'esprit : quelle que soit la situation, quels que soient les moyens, la mission sera accomplie.
Pour les professionnels et les passionnés d'équipements militaires, les insignes, bérets et uniformes des troupes de marine constituent des pièces chargées d'histoire et de symbolique. L'ancre d'or, portée avec fierté par plus de 17 000 soldats déployés aux quatre coins du monde, reste le symbole d'une arme d'exception au service de la France et de ses valeurs.
Les marsouins désignent les soldats de l'infanterie de marine, tandis que les bigors sont les artilleurs des troupes de marine. Le surnom « marsouin » vient du cétacé qui suivait les navires sans participer à la manœuvre, car ces soldats n'étaient que passagers à bord. Le terme « bigor » est un diminutif de « bigorneau », faisant référence aux artilleurs qui s'accrochaient à leurs batteries côtières comme le coquillage sur son rocher.
Bien que portant le nom de « marine », les troupes de marine font partie de l'armée de Terre française depuis 1900. À l'origine créées pour servir à bord des navires (d'où leur nom), elles ont progressivement été affectées à la défense des ports et aux conquêtes coloniales terrestres. Depuis 1856 et la création des fusiliers marins, elles n'embarquent plus sur les navires de guerre mais conservent leur appellation et leur ancre d'or en héritage de leurs origines maritimes.
L'ancre d'or encablée est le symbole unique de toutes les troupes de marine, qu'ils soient marsouins ou bigors. Apparue sur les uniformes en 1772, elle devient l'insigne commun en 1920. Cette ancre se distingue de celle de la Marine nationale par son câble formant un « S » inversé. Elle représente l'héritage maritime des TDM et symbolise leur vocation pour le service outre-mer et les opérations amphibies. Elle est présente sur tous les attributs vestimentaires : bérets, képis, écussons.
La bataille de Bazeilles, les 31 août et 1er septembre 1870, est l'événement fondateur de l'identité des troupes de marine. Dans ce village des Ardennes, la « division bleue » composée de marsouins et bigors a résisté héroïquement face aux troupes prussiennes, combattant jusqu'à la dernière cartouche. Cette bataille incarne les valeurs d'opiniâtreté, de sacrifice et de courage des TDM. Elle est commémorée chaque année à Fréjus et constitue la fête d'arme des troupes de marine.
Les troupes de marine comptent aujourd'hui 26 régiments stationnés sur quatre continents. En métropole, on trouve notamment les régiments d'infanterie de marine (2e, 3e, 21e RIMa), les régiments parachutistes (1er, 3e, 8e RPIMa), les régiments blindés (1er RIMa, RICM), les régiments d'artillerie (1er, 3e, 11e RAMa) et le 6e régiment du génie. Les TDM représentent environ 15% des effectifs de l'armée de Terre, soit plus de 17 000 militaires.
Les troupes de marine ont pour vocation principale le service hors métropole et la capacité de projection rapide de la France partout dans le monde. Spécialistes des opérations extérieures (OPEX), elles assurent une présence permanente dans les territoires d'outre-mer et en Afrique. Elles garantissent la souveraineté française, participent aux opérations de maintien de la paix et luttent contre le terrorisme. Leur expertise en opérations amphibies et leur aptitude à l'adaptation en font un outil stratégique de premier plan.
La cravate noire est portée en mémoire des marsouins et bigors tombés au champ d'honneur, notamment lors de la bataille de Bazeilles. Bien qu'une légende veuille que ce soit un hommage spécifique aux morts de Bazeilles, la cravate noire faisait en réalité déjà partie de l'uniforme d'ordonnance des compagnies de la Marine. Les troupes de marine ont simplement conservé cette pièce vestimentaire traditionnelle, qui est d'ailleurs devenue la norme pour toute l'armée de Terre française depuis 1980.
Les troupes de marine se distinguent par plusieurs couleurs caractéristiques : le béret bleu marine pour l'infanterie et l'artillerie (amarante pour les parachutistes), le képi bleu nuit orné de l'ancre d'or, et les épaulettes de tradition de couleur jonquille pour l'infanterie de marine (marsouins) et rouge pour l'artillerie de marine (bigors). L'ancre d'or est omniprésente sur tous les attributs vestimentaires. Historiquement, la « division bleue » de Bazeilles devait son nom à la teinte bleu foncé des uniformes des troupes de marine.
Le cri de ralliement des troupes de marine est « Et au nom de Dieu, vive la coloniale ! ». Cette devise est unique car les TDM n'ont pas de saint patron comme les autres armes : elles s'adressent directement à Dieu le Père dont on dit qu'il a « créé la coloniale ». Cette expression trouve son origine auprès du missionnaire Charles de Foucauld qui, secouru par les troupes coloniales, s'exclama « Au nom de Dieu, vive la coloniale ! ». Bien que l'appellation « coloniale » ait disparu officiellement en 1961, le cri est resté dans la tradition.
Les troupes de marine sont déployées sur quatre continents. En outre-mer français : Guyane (9e RIMa), Martinique (33e RIMa), Guadeloupe (41e BIMa), La Réunion (2e RPIMa), Nouvelle-Calédonie et Polynésie française (RIMaP). En Afrique : Gabon (6e BIMa), Côte d'Ivoire (43e BIMa), Djibouti (5e RIAOM), avec une présence réduite au Tchad et au Sénégal. Elles participent aussi aux opérations au Moyen-Orient (Chammal), au Liban (FINUL) et en Europe de l'Est (OTAN : missions LYNX et AIGLE).