Aucun produit

La Strasbourgeoise est bien plus qu’un simple chant : elle représente une véritable marche militaire empreinte de mémoire, d’émotion et de fierté patriotique. Née dans un contexte de conflits et d’occupation, elle symbolise la résistance, l’attachement à la patrie et l’honneur de ceux qui refusèrent la soumission. Son lien profond avec l’histoire de l’Alsace et de la Lorraine en fait un incontournable du répertoire militaire français.
Composée en 1871, juste après la guerre franco-prussienne, cette chanson raconte l’histoire d’une jeune fille originaire de Strasbourg, orpheline de guerre, qui affirme son appartenance à la France malgré l’annexion allemande. Les paroles ont été écrites par Gaston Villemer et Lucien Delormel, deux auteurs très actifs dans le répertoire populaire du XIXe siècle. La musique est signée Henri Natif, compositeur associé aux scènes de cafés-concerts. À travers ses paroles, la chanson incarne le refus de trahir la mémoire de ses proches et celle de son pays. C’est un message fort, porté par une mélodie militaire grave et émotive.
Ce chant évoque l’époque où l’Alsace et la Lorraine furent arrachées à la France. La Strasbourgeoise reflète le désir profond de ces régions de rester françaises. Elle devient alors une véritable marche de résistance, souvent chantée lors des rassemblements patriotiques et des cérémonies militaires.
Petit Papa, voici la mi-carême,
Car te voici déguisé en soldat
Dis-moi Papa, dis-moi si c’est pour rire,
Ou pour faire peur aux tout petits enfants ?
Ou pour faire peur aux tout petits enfants ?
Non mon enfant je pars pour la patrie,
C’est un devoir où tous les papas s’en vont,
Embrasse-moi petite fille chérie,
Je rentrerai bien vite à la maison.
Je rentrerai bien vite à la maison.
Dis-moi maman quelle est cette médaille,
Et cette lettre qu’apporte le facteur ?
Dis-moi maman, tu pleures et tu défailles
Ils ont tué petit père adoré ?
Ils ont tué petit père adoré ?
Oui mon enfant ils ont tué ton père,
Pleurons ensemble car nous les haïssons,
Quelle guerre atroce qui fait pleurer les mères,
Et tue les pères des petits anges blonds.
Et tue les pères des petits anges blonds.
La neige tombe aux portes de la ville,
Là est assise une enfant de Strasbourg.
Elle reste là malgré le froid, la bise,
Elle reste là malgré le froid du jour.
Elle reste là malgré le froid du jour.
Un homme passe, à la fillette donne.
Elle reconnaît l’uniforme allemand,
Elle refuse l’aumône qu’on lui donne,
À l’ennemi elle dit bien fièrement :
À l’ennemi elle dit bien fièrement :
Gardez votre or, je garde ma puissance,
Soldat prussien passez votre chemin
Moi je ne suis qu’une enfant de la France,
À l’ennemi je ne tends pas la main.
À l’ennemi je ne tends pas la main.
Tout en priant sous cette Cathédrale,
Ma mère est morte sous ce porche écroulé
Frappée à mort par l’une de vos balles,
Frappée à mort par l’un de vos boulets.
Frappée à mort par l’un de vos boulets.
Mon père est mort sur vos champs de bataille,
Je n’ai pas vu l’ombre de son cercueil,
Frappé à mort par l’une de vos balles,
C’est la raison de ma robe de deuil.
C’est la raison de ma robe de deuil.
Vous avez eu l’Alsace et la Lorraine,
Vous avez eu des millions d’étrangers,
Vous avez eu Germanie et Bohème,
Mais mon p’tit cœur vous ne l’aurez jamais,
Mais mon p’tit cœur lui restera français !
La Strasbourgeoise chantée par la Compagnie 15.42 de l'EFSOAA, à Rochefort.
Avec son rythme lent et solennel, La Strasbourgeoise s’apparente davantage à une marche d’hommage qu’à une marche de défilé. Elle est souvent interprétée à cappella ou avec une orchestration sobre, favorisant l’expression du texte et du message. Sa forme en fait une marche militaire symbolique utilisée lors de commémorations ou de moments de recueillement.
Ces extraits traduisent la force du message transmis. Loin d’un discours guerrier, le chant est porté par la dignité, la loyauté et la mémoire des ancêtres tombés au combat. C’est une façon de rappeler que la guerre touche aussi les civils et que la fidélité à la patrie peut s’exprimer en dehors du champ de bataille.
Bien qu’oubliée pendant plusieurs décennies, La Strasbourgeoise est aujourd’hui remise à l’honneur dans certaines unités et écoles militaires. Son enseignement et sa reprise s’inscrivent dans une volonté de conserver une mémoire militaire vivante et de transmettre des valeurs fortes aux nouvelles générations de soldats.
Cette marche peut être chantée dans différents cadres :
Plus qu’un simple hymne régional, La Strasbourgeoise participe à l’édification de l’identité militaire française. Elle rappelle que la loyauté, le sacrifice et la mémoire sont des piliers essentiels pour chaque soldat. Elle s’intègre aux côtés d’autres chants comme la Marseillaise, Le Chant du Départ ou encore La Madelon, mais avec une charge émotionnelle bien particulière.
| Nom de la marche | Origine | Utilisation principale | Style musical |
|---|---|---|---|
| La Strasbourgeoise | Alsace, 1871 | Commémoration, Hommage | Solennel, lent |
| Le Chant du Départ | Révolution française | Défilés, cérémonies officielles | Martial, entraînant |
| La Madelon | 1914-18 | Chant de tranchée | Festif, populaire |
| La Marseillaise | 1792 | Hymne national | Solennel et combatif |
Pour les chefs de corps, instructeurs ou responsables de cérémonie, intégrer La Strasbourgeoise dans un répertoire permet de créer des moments d’émotion et de réflexion. Il est possible de l’adapter à un format choral, instrumental ou même en solo, selon l’occasion. Dans le cadre de l’apprentissage, elle peut également servir à enseigner l’histoire militaire et le lien fort entre mémoire collective et engagement individuel.